Les Pennes-Mirabeau : une ville au pluriel

La chronique provençale

Illustration

Li carbouniero de Prouvènço

Dins aquéli tèms que se parlo de-longo dóu biais d’èstre autounome dóu poun de visto de noste counsume d’energìo, vous dise dessuito qu’ai pas la soulucioun, pamens vuei, ai chausi de vous parla de noste passat e de l’istòri di carbouniero de Prouvènço que s’espandissien dóu Mount Ventùri* fin qu’à l’Estaco e de Sant Meissimin enjusco l’estang de Berro (e meme dessouto la mar).

Fau saupre que lis ome coumencèron à esplecha la lignito au siècle quingen. Mai faudra espera lis annado 1820-1830 e l’epoco de la revoulucioun endustrialo pèr vèire de pous verticau que lou proumié descendié fin qu’à 70 mètre de prefoundour e tambèn de pous en pèndo emé d’escalié, que ié disien «descendarié». Mai, lou gros proublèmo es l’aigo que nego li founs e pèr lucha contro aquelo aigo, faudra istala de poumpo de vapour e meme cava uno galarié que devié mena l’aigo tout dre dins la mar.

Li meno de Prouvènço fuguèron esplechado fin qu’à la debuto dóu siècle vint-e-unen emé lou pous Morandat à Gardano (prefound de 1 109 mètres). Se voulès passa uno bello journado de descuberto dóu patrimòni endustriau de noste terradou e miés counèisse la vido-vidando di « mourre brut », anas à Greasco vesita lou museon de la meno e pièi, prenès lou camin marca en blanc e negre e perseguissès vosto journado emé uno escourregudo de 14km dins li colo clafido de meno abandounado.
Lou regretarés pas !

* Montagne Sainte Victoire

Valérie Payan : Escolo espenenco de lengo prouvençalo.

 

Traduction :

Les mines à charbon de Provence

En ces temps où on parle sans cesse du moyen d’être autonome par rapport à notre consommation d’énergie, je vous dis tout de suite que je n’ai pas la solution cependant aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler de notre passé et de l’histoire des mines de Provence qui s’étendaient de la Sainte Victoire à l’Estaque et de Saint Maximin jusqu’à l’étang de Berre (et même sous la mer).

Il faut savoir que les hommes commencèrent à exploiter la lignite au XVème siècle. Mais il faudra attendre les années 1820-1830 et l’époque de la révolution industrielle pour voir des puits verticaux dont le premier descendait jusqu’à 70 mètres de profondeur et également des puits inclinés avec des marches, que l’on appelait «descenderies». Mais, le gros problème est l’eau qui noie les fonds et pour lutter contre cette eau, il faudra installer des pompes à vapeur et même creuser une galerie qui devait mener l’eau tout droit à la mer.

Les mines de charbon de Provence furent exploitées jusqu’au début du XXIème siècle avec le puits Morandat à Gardanne (profond de 1 109 mètres). Si vous voulez passer une belle journée de découverte du patrimoine industriel de notre terroir et mieux connaître la vie quotidienne des «gueules noires», allez à Gréasque visiter le musée de la mine puis, prenez le chemin balisé en blanc et noir et poursuivez votre journée avec une randonnée de 14km dans les collines parsemées de mines abandonnées.
Vous ne le regretterez pas !

 


Chronique d'avril

Uno Americano en Champsaur

I’a, gaire liuen d’aqui, dins lis Aup, de la man d’eila dóu còu Bayard, un païs que ié dison Champsaur. Belèu que d’ùni lou counèisson pèr i’èstre ana faire d’esqui, camina sus si draiòu e escala si cimo. Mai, n’i a uno qu’a sachu aganta e fissa pèr l’eternita l’amo d’aqueste païs au travès di gènt que ié restavon : es Vivian Maier.

Nasquè en 1926 is Estat-Uni, d’uno maire Gavoto, e d’aiours, la pichoto visquè à Sant-Bounet de si sièis an fin-qu’à si douge an. Pièi tournè mai en Americo enjusco à la debuto dis annado cinquanto quouro la jouino femo revenguè dins lou brès de sa famiho, mai aqueste cop emé un aparèi foutougrafi, e pendènt uno annado de tèms, vai vanega d’en-pertout dins lou cantoun e faire un mouloun de foutò, subre-tout de retra devenènt ansin la memòri dóu pople champsaurin.

Un jour pamens, a reparti pèr toujour segui sa vido is Estat-Uni mounte a travaia en gardant de pichot tout en countuniant à faire de retra de grand e pichòti gènt. Mouriguè en 2009 dins l’anounimat e es soulamen après sa mort que si foutografìo faguèron enfin lou rescontre dis iue dóu mounde entié e soun inmense talènt enfin recouneigu.

Valérie Payan : Escolo espenenco de lengo prouvençalo.

Traduction :

Une Américaine en Champsaur

Il y a, pas très loin d’ici, dans les Alpes, de l’autre côté du col Bayard, un pays qui s’appelle Champsaur. Peut-être que certains le connaissent pour y être allés faire du ski, marcher sur ses sentiers ou grimper sur ses cimes. Mais il y en a une qui a su capturer et fixer pour l’éternité l’âme de ce pays au travers des gens qui y vivaient : il s’agit de Vivian Maier.

Elle naquit en 1926 aux États-Unis, d’une maire Gavotte et d’ailleurs, la petite vécut à Saint-Bonnet de ses six ans jusqu’à ses douze ans. Puis, elle retourna en Amérique jusqu’au début des années cinquante lorsque la jeune femme revint dans le berceau de sa famille, mais cette fois-ci avec un appareil photographique et pendant une année, elle va parcourir le coin et faire de nombreuses photos, surtout des portraits devenant ainsi la mémoire du peuple champsaurin.

Un jour cependant elle repartit pour toujours poursuivre sa vie aux États-Unis où elle a travaillé en gardant des enfants tout en continuant à faire des portraits de grandes et petites gens. Elle mourut en 2009 dans l’anonymat et c’est seulement après sa mort que ses photographies rencontrèrent enfin les yeux du monde entier et son immense talent enfin reconnu.

Valérie Payan : Escolo espenenco de lengo prouvençalo.

 

 

 

CHRONIQUE MENSUELLE

Ces textes en langue provençale sont proposés par l’association pennoise Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo.
L'objectif de cette chronique est de faire ni passéisme ni folklore, mais de parler dans la langue locale -le provençal- de tous les sujets. Le provençal, seule langue régionale à avoir obtenu, sous sa forme littéraire, un prix Nobel, a aussi des particularités dialectales. C’est pour cette raison que les textes sont écrits tantôt en langue littéraire, tantôt dans le provençal parlé dans la région de Marseille et des Pennes-Mirabeau.

L'Escolo Espenenco de Lengo Prouvencalo
Renseignements : 04 91 09 08 74

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